Un Tour de France des Apéritifs Régionaux

Boire est un vrai danger, soyons modérés, de temps en temps  déguster un bon apéritif  au goût du terroir est un petit plaisir.

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Dans de nombreuses régions françaises, des apéritifs locaux sont fabriqués, en vacances, en déplacement on les découvre, les déguste, de retour à la maison, on va chercher à les retrouver dans les rayons des supermarchés ou chez des cavistes.

Voici un bref recensement dans un Tour de France des Apéritifs Régionaux,à découvrir :

Castagnou

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Le castagnou est un apéritif typiquement ardéchois mélangeant du sirop ou de la liqueur de châtaignes et du vin blanc à raison d’un tiers de liqueur pour deux tiers de vin.

Il peut être fait avec un coteaux-de-l’Ardèche à base de viognier, côtes-du-vivarais blanc ou un saint-péray tranquille ou mousseux.

Il est aussi être appelé kir à la châtaigne.

Cataroise de Béziers

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La cataroise est un vin doux naturel élaboré dans la région de Béziers.

C’est un très vieux produit biterrois, un apéritif qui s’élaborait de façon traditionnelle dans toutes les familles de vignerons.

La cataroise de Béziers s’élabore de façon naturelle sans aucune adjonction de produits quels qu’ils soient.

Le moût tout juste en départ de fermentation, de l’eau-de-vie (alcool de raisin), de nombreuses années de vieillissement en fûts.

Sa préparation s’effectue au moment des vendanges. Elle se conserve remarquablement.

Elle est fruitée en bouche, avec un goût sucré. 

Carthagène

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La Carthagène est une boisson alcoolisée de type mistelle consommée à l’apéritif typique du Languedoc.

Ce vin de liqueur est issu de l’assemblage de 80 % de moût de raisin frais et de 20 % d’eau-de-vie de vin. La proportion varie légèrement en fonction du degré de l’eau-de-vie. Le mélange doit titrer 16° d’alcool au minimum pour éviter une fermentation du produit.

Il existe plusieurs façons d’élaborer une Carthagène suivant les différentes régions viticoles mais toutes partent des mêmes ingrédients : moût (jus de raisin non fermenté), alcool, éventuellement ingrédients divers pour aromatiser; pas de sucre.

La zone de production traditionnelle de la Carthagène est la zone viticole du Languedoc et des Basses Cévennes (Gard, Hérault, Aude).

L’eau-de-vie et le raisin servant à sa fabrication proviennent du Languedoc .

La production régionale annuelle est d’au moins 2 000 hl (150 000 bouteilles), essentiellement du fait de caves particulières.

Au nez, s’expriment des arômes délicats de pétales de rose, de litchis et d’épices.

Chouchen

Chouchen

Le chouchen , historiquement proche mais pourtant différent de l’hydromel, est une boisson alcoolisée obtenue à partir de la fermentation du miel dans du jus de pomme, rejoignant ainsi la catégorie des oenomiels.

Il se fabriquait autrefois plus particulièrement à partir de miel de sarrasin, jadis très présent en Bretagne, qui lui donnait sa couleur foncée et son goût prononcé.

En Bretagne, cette fermentation est déclenchée par l’introduction de jus de pommes fraîchement pressées. La fermentation peut aussi être déclenchée par l’apport de levures comme pour la bière.

Un litre de chouchen nécessite environ un tiers de son volume en miel pour atteindre un degré alcoolique suffisant.

Boisson traditionnelle de Bretagne, le chouchen est une boisson liquoreuse alcoolisée (14° environ) comparable à lhydromel.

Autrefois liquoreux, le Chouchen peut être de nos jours, moelleux. C’est une boisson à consommer en apéritif ou en digestif.

 Floc de Gascogne

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Le floc de Gascogne est un vin de liqueur, ou mistelle, élaboré par mélange de  moût  de raisin et d’armagnac jeune.

Hérité d’une recette du XVIe siècle, il est reconnu depuis 1990 comme appellation d’origine contrôlée et produit sur une vaste partie des départements du Gers, des Landes et du Lot-et-Garonne.

Le floc de Gascogne tient son nom de flòc bouquet de fleurs » en gascon) et de Gascogne, nom de l’ancienne province du Sud-Ouest d’où il est originaire.

Il provient d’une ancienne recette paysanne (2/3 de jus de raisin, 1/3 d’armagnac) réservée à la consommation familiale.

Le floc de Gascogne est protégé par une appellation d’origine protégée (AOP) de l’Union européenne.

Le floc de Gascogne se trouve sous deux couleurs : le blanc et le rosé (plus communément appelé rouge).

Le floc de Gascogne blanc est élaboré à partir de jus de raisin issu d’une légère pressée.

Le floc de Gascogne rosé est obtenu par éraflure, foulage et extraction des substances colorées (couleur rouge du floc de Gascogne).

La suite de l’élaboration est identique aux deux couleurs de floc : le jus de raisin frais est alors marié à un jeune armagnac (deux tiers de jus de raisin et un tiers d’armagnac), le tout à l’abri de l’air.

Après brassage on laisse reposer le floc de Gascogne jusqu’à la fin de l’hiver, puis les opérations de soutirage, collage, filtration et stabilisation seront effectuées par un œnologue. Le floc de Gascogne est ensuite conservé un minimum de dix mois dans un chai, puis conditionné en bouteilles et soumis à une commission d’agrément. Cet agrément a été mis en place par les producteurs de floc de Gascogne en 1990, lorsque l’appellation d’origine contrôlée a été obtenue.

En bouche, le floc de Gascogne est un produit à équilibre sucré : on ne retrouve pas ou peu d’acidité, d’astringence ou d’amertume. C’est pourquoi, le floc de Gascogne est servi à une température très basse qui rééquilibre ces perceptions et évite la lourdeur et le côté trop chaleureux.

Macvin du Jura ou maquevin ou marc-vin

macvin du Jura

Le macvin du Jura est une mistelle. C’est le fruit de l’assemblage de moût et de marc de raisin du Jura.

Il bénéficie d’une Appellation d’origine contrôlée depuis le décret du 14 novembre 1991.

Le macvin est connu depuis le XIVe siècle également sous le nom de maquevin ou marc-vin.

Maquevin pourrait se rapporter à l’ancien français maquer qui signifie écraser, tandis que marc-vin pourrait renvoyer à l’association de marc et de moût.

Le macvin peut être produit dans toutes les communes répertoriées dans le vignoble du Jura.

Le vin obtenu est blanc ou rouge suivant les cépages utilisés. Il se boit frais, 6 à 8° C afin de dévoiler le plus généreusement possible l’alchimie de l’alcool et des arômes, à la même température qu’un grand liquoreux, et peut se conserver de nombreuses années.

Myro

myro

Le myro est un apéritif mélangeant de la crème de myrtille des montagnes d’Ardèche et du vin rosé à raison d’une dose de crème pour sept doses de vin.

Il a été promu au rang d’apéritif vigneron dans tout le vignoble de la vallée du Rhône .

Pastis de Marseille

pastis marseillais

Emblème de la convivialité du Midi c’est le pastis, outre sa dégustation modérée en apéritif sous un parasol.

Le pastis est un enfant du XXème siècle, qui a succédé à l’absinthe. La « fée verte » a en effet été interdite en 1915, pour ses effets hautement toxiques sur le cerveau.

Á partir de 1922, les apéritifs anisés lui succédèrent, et  en 1932 a lieu le lancement du mot « pastis » par Paul Ricard.

Ainsi Pernod, qui produit à l’heure actuelle le Pernod et le Pastis 51, était à l’origine un fabricant… d’absinthe.

 Le pastis (du provençal pastis : « mélange ») est le nom donné à une boisson alcoolisée parfumée à l‘anis et à la réglisse.

Pour avoir droit à l’appellation « Pastis de Marseille », le pastis doit avoir un titre alcoolique de 45 % et une concentration d’anéthol de 2 g/L.

Pommeau de Normandie

Pommeau de Normandie

Le pommeau de Normandie est un alcool apéritif de type mistelle obtenu par l’assemblage de jus de pommes non fermenté et de calvados. Il titre entre 16 et 18% vol.

On obtient le pommeau en mélangeant environ deux tiers de moût de pommes (jus non fermenté) et un tiers de calvados. Cette opération s’appelle le mutage.

Le Calvados en appellation d’origine contrôlée utilisé pour le mutage doit avoir été conservé dès la fin de la distillation sous bois de chêne au moins douze mois et doit avoir un volume d’alcool d’au moins 65 % lors de son mutage. L’alcool contenu dans le calvados empêche la fermentation du jus, donnant ainsi un alcool plus sucré. Le pommeau acquiert ensuite progressivement sa couleur ambrée et son arôme au contact du bois du tonneau où il vieillit quatorze mois minimum.

Pontarlier ou Pontarlier-Anis

Pontarlier (apéritif)

Le pontarlier est une dénomination informelle désignant un apéritif alcoolisé anisé confectionné dans la région de Pontarlier en Franche-Comté.

Un « Pontarlier » désigne historiquement le « Pontarlier-Anis », créé en 1921 par Armand Guy, et est familièrement nommé le pont (Marque déposée pour le « Pontarlier-Anis » de la Distillerie Pierre Guy de Pontarlier).

Il titre 45° d’alcool (parfois 40° Pont-doux) et peut être sucré (Ponsec) ou sans sucre (à l’ancienne).

Contrairement au pastis, qui est un mélange d’alcool et d’extraits d’anis et de réglisse, il fait partie de la catégorie des anis distillés (produit par redistillation d’alcool neutre en présence d’anis). Il est fabriqué à base d’anis vert.

On le consomme dilué dans de l’eau fraîche. Le pontarlier-anis était, et est toujours demandé dans les bistrots et troquets de la manière suivante « Garçon, un Pont » .

Pontarlier comptait trois distilleries qui fabriquent du pontarlier, mais seule la distillerie Pierre Guy de Pontarlier, créatrice de la catégorie en 1921, produit le « Pontarlier-Anis ».

Comme le distillat de gentiane, l’absinthe ou « Fée verte », était connue depuis longtemps comme « médicament » dans les campagnes françaises profondes. Développée par la maison Pernod en 1805, l’absinthe titrait 73° d’alcool.

Un « coup de pouce » involontaire de Napoléon semble à l’origine de son essor : afin d’intervenir contre les Autrichiens en Italie, Napoléon Ier avait massé des troupes sur la frontière franco-suisse avant d’emprunter le col du Simplon pour passer les Alpes.

Pour assouvir l’envie de boisson des soldats, Napoléon a favorisé le développement des distilleries locales, ce qui développa la production d’absinthe.

Or, en 1901, un violent incendie prit naissance dans une distillerie installée au cœur de Pontarlier.

Sans la présence d’esprit d’un ouvrier qui ouvrit les vannes, provoquant du même coup le déversement du précieux liquide dans le Doubs, les cuves contenant un million d’hectolitres d’alcool auraient pu exploser et anéantir la ville. La « Fée verte » transforma la rivière en vaste apéritif anisé, ce qui en premier lieu, fit le bonheur des militaires casernés non loin de là qui purent ainsi boire la précieuse boisson à même leur casque…

On dit même que certains se jetèrent à l’eau tout habillés. Quelques jours plus tard, la Loue, une autre rivière située à 17 kilomètres de l’autre côté du massif montagneux, se mit à sentir très fortement l’anis. C’est ainsi que fut découvert que la Loue était une exsurgence du Doubs.

Une loi de 1915 interdit la fabrication et la vente de l’absinthe, « la boisson qui rend fou » par les ravages qu’elle provoque chez ceux qui en abusent. Cette prohibition fit le bonheur des contrebandiers. À cette époque, 25 distilleries employaient 3 000 ouvriers, alors que la ville comptait 8 000 habitants. La maison Pernod s’exila dans le Sud, et c’est à tort que l’on attribue cette boisson au Midi de la France.

En 1921, après que l’autorisation de distiller de l’anis fut accordée de nouveau, Armand Guy inventa donc le Pontarlier en se servant de la recette d‘absinthe, donnant ainsi naissance au « Pontarlier-Anis » (Marque déposée). L’absinthe n’est à nouveau autorisée que depuis les années 2000.

RinQuinQuin

RINQUINQUIN

Le RinQuinQuin est l’apéritif de Provence.

Surprenant mélange de pêches de la Vallée de la Durance, de feuilles de pêchers cueillies à l’automne, de sucre de canne et de vin blanc du Lubéron, le RinQuinQuin séduira les amateurs d‘apéritifs aromatisés et de saveurs du soleil.

Le vin de pêche ou vin de feuilles de pêcher, compte tenu des ingrédients utilisés, est élaboré à base de macération de feuilles dans du vin et de l’alcool. Il semble trouver son origine dans le Dauphiné et les Alpes du Sud.

 Vin d’épines ou épinette ou troussepinette

troussepinette

Le vin d’épines ou épinette ou troussepinette en Vendée (mais aussi en Anjou, Touraine et Poitou) est un vin aromatisé dont le nom vient de son ingrédient spécifique, le prunellier, un arbuste dont on ramasse les jeunes pousses au printemps (juste après la floraison) pour faire ce vermouth.

Il se boit le plus souvent frais en été, en apéritif ou vin de dessert mais aussi en vin chaud avec du pain, l’hiver.

Il existe de nombreuses recettes de vin d’épines, selon les régions et même d’une personne à une autre, étant un apéritif « maison », peu commercialisé, sauf en Vendée, sous le nom de troussepinette.

Outre le vin (essentiellement rouge), dans sa composition entrent des épines noires tendres (prunellier), coupées vertes, du sucre et de l’eau-de-vie.

La fabrication est faite par macération des pousses dans le vin sucré pendant au moins deux semaines, auquel on ajoute l’eau-de-vie en fin de macération.

Le mélange est brassé régulièrement. Certaines recettes préconisent une macération préalable dans l’eau-de-vie, ou dans le vin et l’eau-de-vie mélangés.

L’épinette est ensuite filtrée et mise en bouteille.

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