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Les colonnes les plus célèbres de Paris

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 La construction à Paris de colonnes diverses a toujours fait couler beaucoup d’encre : on dit d’elles qu’elles gâchent le paysage, qu’elles prennent de la place, qu’elles sont inutiles …

 

 

Examen des colonnes Morris, des colonnes de Buren, des colonnes du Trône, de la colonne Vendôme, et enfin de la colonne oubliée de Paris : la colonne Médicis.

 

 

 

 

 

Voici les colonnes les plus célèbres de Paris, à découvrir : 

 

 

 

 

Colonne du génie de la Bastille

 

 

 

 

 

 

La colonne de Juillet est une colonne élevée sur la place de la Bastille à Paris, entre 1835 et 1840 en commémoration des trois journées de la révolution de Juillet survenue en 1830, dite Les Trois Glorieuses, qui amenèrent la chute de Charles X et du régime de la restauration, puis l’instauration de la monarchie de juillet, avec le règne de Louis-Philippe Ier, duc d’Orléans, devenu roi des Français.

 

 

 

 

Sur une plaque, au bas de la colonne, il est écrit :

« À la gloire des citoyens français qui s’armèrent et combattirent pour la défense des libertés publiques dans les mémorables journées des 27, 28, 29 juillet 1830. »

 

 

 

 

Le fût de la colonne porte le nom des victimes des journées révolutionnaires de juillet 1830 et le sommet est orné d’une sculpture en bronze doré d’Auguste Dumont : Le Génie de la Liberté. Enfin, la colonne est construite au-dessus d’une nécropole accueillant les corps de révolutionnaires tombés pendant les journées de juillet.

 

 

 

 

 

 

 

Depuis 1792, une colonne dite « colonne de Juillet » était envisagée sur le lieu actuel de la Place de la Bastille. Louis-Philippe s’approprie l’idée pour commémorer les « Trois Glorieuses », les trois journées de juillet 1830 qui l’ont porté sur le trône.

 

 

 

 

 

 

Cette colonne, imaginée par l’architecte Joseph-Louis Duc, est inaugurée en 1840 après plusieurs années de construction. Son sommet présente le « génie de la Bastille », dit également « génie de la Liberté », toujours recouvert de feuilles d’or. On imagina à l’époque une sculpture représentant un éléphant à l’intérieur d’une fontaine, à la base même de la colonne. Cette idée fut abandonnée.

Colonne du génie de la Bastille

Place de la Bastille

75004 Paris

 

Colonnes de Buren

 

 

 

 

 

 

Les Deux Plateaux, communément appelée « colonnes de Buren », est une œuvre d’art de Daniel Buren réalisée avec l’aide de Patrick Bouchain dans la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris, en France, aux abords immédiats du ministère de la Culture, du Conseil d’Etat et de la Comédie-Française.

 

 

 

 

 

En lieu et place de ce qui servait de parking pour les institutions attenantes, Daniel Buren a conçu une œuvre au caractère volontairement urbain (asphalte et caillebotis en acier…), que le public investirait librement  ce qui s’est effectivement produit, donnant un contraste avec la solennité du lieu qui abrite le Conseil constitutionnel et le ministère de la Culture, où le public se comporte comme des enfants en escaladant des colonnes.

 

 

 

 

 

L’œuvre, qui occupe 3 000 m2 de la cour, est constituée d’un maillage de 13 x 20 = 260 colonnes tronquées (que Buren appelle cylindres et qui sont en fait de section octogonale) de marbre blanc aux rayures blanches et noires d’une largeur unique de 8,7 cm. Les cylindres sont introduits dans cet espace, de façon dynamique, avec trois hauteurs variant de 8,7 à 62 cm2. Daniel Buren entendait réduire le geste de l’artiste à une intervention minimum en présentant des toiles rayées, tissu standard communément employé pour les stores qu’il achetait dans sa jeunesse au marché Saint-Pierre à Montmartre.

 

 

 

 

 

 

 

L’installation est faite en marbre de Carrare et en marbre blanc et noir des Pyrénées, qui sont considérés comme les matériaux les plus nobles de la sculpture (utilisés par exemple par Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, ou par Rodin) et sont une référence à la statuaire antique. La façon dont sont disposées les colonnes forme une sorte de damier : peut-être est-ce une référence au jeu.

 

 

 

 

 

 

Elles sont toutes alignées : là encore, une référence à l’architecture classique du lieu, d’inspiration antique. Les colonnes sont dans des tranchées en référence à l’histoire du lieu, qui fut auparavant, en 1899, transformé en une usine électrique semi-enterrée et dans le but de révéler le sous-sol.

Colonnes de Buren

 Galerie de la Cour d’Honneur

2 Rue de Montpensier

75001 Paris

Colonne Médicis

 

 

 

 

 

 

Elle se trouve au coeur de la capitale, et pourtant, c’est peut-être l’un des vestiges les moins connus de Paris. Une colonne mystérieuse parfaitement intégrée à la Bourse de Commerce de Paris (autrefois Halle aux blés), qu’elle précède pourtant de deux siècles !

 

 

 

 

 

 

Cette colonne dorique creuse, attribuée à l’architecte Jean Bullant, est élevée en 1574 sur ordre de Catherine de Médicis dans la cour de l’hôtel de la Reine qu’elle vient de se faire construire. Première colonne isolée construite à Paris, haute de 31 mètres et large de 3 mètres, elle contient un escalier à vis de 147 marches qui mène à une plateforme surmontée d’une structure métallique. Une porte la fait alors communiquer avec les appartements royaux.

 

 

 

 

 

 

Bien que sa fonction précise n’ait jamais été établie, de nombreux auteurs estiment qu’elle traduit le goût de la reine pour l’astrologie : elle aurait en effet pu servir de point d’observation du ciel à Côme Ruggieri. Cependant, la masse imposante de l’église Saint-Eustache voisine limite singulièrement l’angle visuel.

La colonne domine alors le centre de Paris. Elle peut donc avoir servi de tour de guet mais aussi manifesté la toute-puissance de la Reine-mère.

 

 

 

 

 

Probablement a-t-elle aussi une vocation commémorative, comme l’attestent notamment les lettres H et C entrelacées sur les 18 cannelures qui ornent sa circonférence. Elles dessinent le monogramme d’Henri II et de Catherine de Médicis. On observe cependant qu’il s’agit du monogramme de la reine, composé d’un H et de C bien différenciés, et non de celui du roi, qui insère dans son H des D opposés pour former l’initiale de sa maîtresse Diane de Poitiers. La décoration comprend aussi des symboles et allégories – fleurs de lys, miroirs cassés du deuil, cornes d’abondance – aujourd’hui difficilement visibles.

 

 

 

 

 

Au milieu du XVIIIe siècle, la demeure royale, rebaptisée hôtel de Soissons sous Henri IV, et la colonne qui la jouxte sont mis en vente séparément. L’écrivain Louis Petit de Bachaumont acquiert cette dernière en 1748 pour la sauver de la destruction. Il l’offre par la suite à la ville de Paris, qui n’accepte le don qu’en lui remboursant sa mise de fonds. L’hôtel de Soissons est livré aux démolisseurs ; sur son emplacement, on érige en 1760 la Halle aux blés. En 1764, la colonne est dotée d’un cadran solaire, installé à 16 mètres de hauteur par l’astronome Alexandre Guy Pingré et aujourd’hui disparu. En 1812, on l’orne d’une fontaine dont seuls subsistent la plaque commémorative et le blason de Paris qui la surmonte.

Colonne Médicis

1 Allée Baltard

75001 Paris

Colonnes Morris

 

 

 

 

 

Une colonne Morris est un élément du mobilier urbain initialement parisien, mais présent dans beaucoup de villes françaises. Elles tirent leur nom de l’imprimeur éponyme Gabriel Morris à qui une concession publicitaire fut octroyée en 1868. De forme cylindrique, elle sert principalement de support à la promotion des spectacles et des films. Si sa silhouette et son aspect général ont peu évolué depuis sa création, des perfectionnements et des fonctions nouvelles sont apparus au cours du temps. Aujourd’hui, par exemple, elle peut être éclairée à la nuit tombée. Elle peut être rotative pour une meilleure exposition des affiches, et celles-ci sont fréquemment protégées des intempéries et des incivilités par un vitrage. L’espace qu’elle abrite en son sein est parfois utilisé pour entreposer le matériel de nettoyage de la voirie, abriter des toilettes ou des téléphones publics.

 

 

 

 

À Paris en 1839, le préfet de la Seine Gabriel Delessert autorise l’installation des « colonnes moresques » : l’affichage municipal est placardé sur un panneau de bois adossé à l’extérieur des urinoirs, édicules urbains installés par la ville.

 

 

 

 

 

 

 

Ces édicules sont améliorés sous Napoléon III par le Service des promenades et plantations dirigé depuis 1854 par l’ingénieur Adolphe Alphand qui perfectionne l’installation en isolant l’intérieur du regard par un écran et en éclairant l’intérieur avec un bec de gaz.

 

 

 

 

La construction est redessinée par l’architecte en chef de ce service Gabriel Davioud, qui remplace la maçonnerie par une structure en fonte mais sa double fonction (affichage et urinoir) continue de provoquer des critiques, si bien que le comte Baciochi, ministre d’État et surintendant général des Théâtres, lance un concours pour trouver un nouveau support exclusivement réservé à l’affichage.

 

 

 

 

 

 

 

 En Allemagne, l’invention des colonnes d’information sur les spectacles est attribuée au Berlinois Ernst Litfaß (1816-1874) qui les introduit en décembre 1854 afin de lutter contre l’affichage sauvage.

 Pour retrouver certaines des colonnes Morris d’origine, il faut donc désormais aller dans d’autres villes de France.

 

Colonnes du Trône

 

 

 

 

 

Pour entrer dans Paris, des « barrières » étaient jadis installées sur le mur des Fermiers Généraux qui entourait la capitale. On y payait un droit d’entrée, ou bien l’on déclarait ce qu’on faisait entrer dans Paris.

Les pavillons et les colonnes constituaient des éléments de la barrière du Trône (ou de Vincennes) qui faisait partie de l’enceinte des Fermiers Généraux. Le Bureau de la Ville acceptera le projet élaboré par Lavoisier, qui sera avalisé par Louis XVI le 23 janvier 1785. Les Fermiers Généraux confieront le chantier à Claude-Nicolas Ledoux.

 

 

 

 

Il édifiera deux colonnes de 28 mètres de hauteur, reposant sur une guérite de plan cruciforme. Reliées à l’origine par des grilles aux bureaux, elles devaient présenter un fut lisse et être ornées de trophées et de figures allégoriques représentant la Liberté du commerce et de la Fortune publique. Les bureaux comprendront deux pavillons carrés en pierre de taille hauts de 17 mètres et larges de 14 mètres.

 

 

 

 

 

 

Ledoux sera déchargé de sa tâche après enquête par Necker en 1789, pour avoir engagé des sommes considérables. Les Parisiens pilleront les barrières dès le 13 juillet 1789 et en incendieront certaines. Les barrières resteront actives jusqu’en 1860. Elles seront ensuite repoussées aux fortifications de Thiers par le baron Haussmann.

 

 

 

 

 

 

Les colonnes du Trône, inachevées, seront terminées sous Louis-Philippe en 1843. Elles seront dotées de cannelures et surmontées de deux statues de rois, hautes de quatre mètres. Antoine Etex, qui recevra la commande de ces sculptures, proposera de représenter saint Louis, à cause du chêne de Vincennes, et Philippe Auguste.

Les colonnes sont ornées de trophées d’armes, oeuvre d’Antoine-André Marneuf, et de figures allégoriques. La colonne située dans le XIème arrondissement présente la Justice côté place de la Nation, et la Paix côté cours de Vincennes. La colonne située dans le XIIème arrondissement présente l’Abondance côté place de la Nation, et la Victoire côté cours de Vincennes.

 

 

 

 

 

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale, ces colonnes marquaient le début de la « Foire du Trône », désormais installée chaque année Pelouse de Reuilly. On y trouvait des brasseries, toujours existante, comme « Chez Prosper » ou « Le Dalou »

Colonnes du Trône

9 avenue du Trône

75011 Paris

Colonne Vendôme

 

 

 

 

 

 

La colonne Vendôme est un monument parisien situé au centre de la place du même nom dans le 1er arrondissement de Paris. Elle est érigée sur ordre de Napoléon Ier de 1806 à 1810 pour commémorer la bataille d’Austerlitz, puis détruite lors de la Commune de Paris en 1871, avant d’être reconstruite sous sa forme actuelle. Au fil des années, elle reçoit les noms de colonne d’Austerlitz, puis colonne de la Victoire avant de devenir colonne de la Grande Armée. Elle est communément appelée colonne Vendôme.

 

 

 

Il convient de ne pas la confondre avec la colonne de la Grande Armée qui se trouve près de Boulogne-sur-Mer. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis le 31 mars 1992.

La colonne Vendôme culmine à 44,3 mètres et mesure environ 3,60 mètres de diamètre moyen ; réalisée en pierres parées de bronze, elle est posée sur un piédestal et surmontée par une statue de Napoléon Ier.

 

 

 

 

 

Elle a été inspirée par la colonne Trajane située dans le forum de Trajan à Rome qui est, quant à elle, entièrement en marbre. La colonne de Juillet sur la place de la Bastille est d’une inspiration similaire.

 

 

 

 

 

Son fût est constitué de 98 tambours de pierre, un escalier de 180 marches2, large de 93 cm, en occupe le centre. Il est recouvert d’un parement coulé avec le bronze de, dit-on, 1 200 canons pris aux armées russe et autrichienne (nombre manifestement exagéré par la propagande, les historiens dénombrant environ 130 canons pris à Austerlitz et le bronze utilisé correspondant à 400 canons environ) et décoré, à la manière antique, de bas-reliefs représentant des trophées et des scènes de batailles.

 

 

 

 

 

 

 

S’enroulant en une spirale continue (22 révolutions) jusqu’au sommet, ce décor long de 280 m est composé de 425 plaques de bronze constituant 76 bas-reliefs.

Colonne Vendôme

 Place Vendôme

75001 Paris

 

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