Paris, ce n’est pas seulement la Tour Eiffel, le Louvre ou Notre-Dame.

La ville cache aussi des lieux insolites, parfois méconnus, qui surprennent par leur histoire, leur architecture ou leur atmosphère.

Certains font sourire, d’autres intriguent ou émeuvent. Voici un Top 10 des monuments insolites de Paris, chacun accompagné d’une petite anecdote qui les rend encore plus fascinants.
1-Les Catacombes de Paris (14ᵉ)

Ossuaire souterrain rassemblant les ossements de plus de 6 millions de Parisiens, aménagé dans d’anciennes carrières.
À la fin du XVIIIᵉ siècle de grands problèmes de salubrité liés aux cimetières de la ville entraînent la décision de transférer leurs contenus sous terre. Les autorités parisiennes choisissent un site facile d’accès, situé alors en dehors de la capitale : les anciennes carrières de la Tombe-Issoire, sous la plaine de Montrouge. Les premières évacuations ont lieu de 1785 à 1787 et touchent le cimetière le plus important de Paris, les Saints-Innocents.
Le site est consacré « Ossuaire municipal de Paris » le 7 avril 1786 et s’approprie dès ce moment le terme mythique de « Catacombes », en référence aux catacombes de Rome, objet de fascination publique depuis leur découverte. À partir de 1809, les Catacombes deviennent accessibles au public sur rendez-vous.
Anecdote : pendant la Seconde Guerre mondiale, les résistants français utilisaient les galeries comme cachette… mais aussi l’armée allemande, qui avait installé un bunker dans une section des catacombes !
Catacombes de Paris1 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy 75014 Paris
2-La Pagode de Paris – Maison Loo (8ᵉ)

La Pagode fut initialement construite en 1896 par l’architecte Alexandre Marcel, à une époque où le japonisme est à la mode. Il s’agit alors d’un cadeau de François-Émile Morin, directeur du grand magasin Le Bon Marché tout proche, à son épouse.
Ancien hôtel particulier haussmannien transformé en pagode chinoise rouge vif dans les années 1920 par l’antiquaire Ching Tsai Loo.
Anecdote : quand il décida de transformer l’immeuble en pagode, les voisins protestèrent, jugeant l’architecture “trop choquante” pour le quartier chic. Elle est aujourd’hui un symbole d’exotisme à Paris.
Pagode de Paris – Maison Loo48 Rue de Courcelles 75008 Paris
3-Les Arènes de Lutèce (5ᵉ)

Vestige gallo-romain pouvant accueillir 15 000 spectateurs, caché dans le quartier Latin.
Il s’agit d’un complexe hybride, de type « amphithéâtre à scène » ou encore « amphithéâtre-théâtre », comportant à la fois une scène pour les représentations théâtrales et une arène pour les combats de gladiateurs et autres jeux de l’amphithéâtre.
Anecdote : au XIXᵉ siècle, les arènes étaient menacées de destruction. L’écrivain Victor Hugo participa à la mobilisation pour leur sauvegarde !
Arènes de Lutèce49 Rue Monge 75005 Paris
4-Le Mur des “Je t’aime”
(Montmartre 18ᵉ)

Ensemble, ils repèrent un pignon de mur dans le square de la place des Abbesses (18e). « Le mur des Je t’aime ne pouvait être que là ! » En 2000, le monument prend vie – il est même inauguré avec un lâcher de pigeons blancs dans le ciel de Paris.
Œuvre composée de 612 carreaux de lave émaillée, sur lesquels “Je t’aime” est inscrit 311 fois en 250 langues.
Anecdote : les éclats rouges qui parsèment le mur symbolisent… des morceaux d’un cœur brisé, que l’amour universel tente de réparer.
Mur des “Je t’aime”Square Jehan Rictus14 place des Abbesses 75018 Paris
5-La Flamme de la Liberté (Pont de l’Alma 16ᵉ)

Réplique grandeur nature de la torche de la Statue de la Liberté, offerte en 1987 par un journal américain.
Inaugurée en 1989, cette réplique de la flamme que tient la statue de la Liberté à New York, est une sculpture dédiée à l’amitié franco-américaine. Elle a été offerte à la ville de Paris par l’International Herald Tribune, qui célébrait en 1987 le centième anniversaire de sa fondation à Paris par un journaliste américain. Ce journal de langue anglaise, toujours édité à Paris, avait lancé un appel de fonds international pour financer la construction de la flamme.
Anecdote : initialement symbole d’amitié franco-américaine, la flamme est devenue un mémorial improvisé à Lady Diana après son accident en 1997. Depuis, les touristes y déposent fleurs et messages.
Flamme de la Liberté
6-La Statue de la Liberté
de l’île aux Cygnes (15ᵉ)

Une statue de la Liberté qui trône à sa pointe aval, d’une hauteur de 11,50 mètres c’est une réplique de la véritable Statue de la Liberté (dont le nom est en réalité « la Liberté éclairant le monde »), dressée sur la petite île de Liberty Island, à l’entrée de New York, elle a été installée en 1889 pour le centenaire de la Révolution française.
Anecdote : au départ, la statue regardait vers l’est, vers le centre de Paris. Elle fut ensuite retournée pour faire face à l’Atlantique… et donc vers sa “grande sœur” de New York.
Statue de la Liberté Allée des Cygnes 75015 Paris
7-La Chapelle Expiatoire (8ᵉ)

Un monument dédié à la famille royale au coeur de Paris. Située au coeur de Paris, square Louis XVI, la Chapelle expiatoire, édifiée sous la Restauration, est un lieu de mémoire de l’Ancien Régime et de la Révolution.
Monument religieux construit en mémoire de Louis XVI et Marie-Antoinette, guillotinés en 1793.
Anecdote : on dit que la chapelle se situe “le monument le plus cher de Paris”, car l’entretien coûte une fortune pour un lieu aussi peu visité.
Chapelle Expiatoire29 rue Pasquier75008 Paris
8-Le Cloître des Billettes
(4ᵉ arrondissement)

Origine & histoire : Construit en 1427, le Cloître des Billettes est le seul cloître médiéval encore conservé dans Paris. Il appartenait autrefois aux Hospitaliers de la Charité-Notre-Dame, dits « les Billettes », un ordre religieux fondé au XIIIᵉ siècle. Ce lieu servait de refuge aux pèlerins et aux plus démunis.
Architecture :Le cloître s’organise autour d’une cour carrée entourée d’arcades gothiques. Les galeries, sobres mais élégantes, dégagent une atmosphère paisible et hors du temps. C’est un véritable trésor architectural caché en plein cœur du Marais.
Ingrédients / Composition : Pierre de taille médiévale, arcs en ogives, petites colonnes élancées.
Anecdote : Durant la Révolution française, le couvent fut confisqué et vendu comme bien national. Aujourd’hui, le cloître accueille régulièrement des expositions d’art contemporain, offrant un contraste surprenant entre modernité et Moyen Âge. Peu de Parisiens savent que ce lieu est accessible gratuitement. Cloître des Billettes24 rue des Archives 75004 Paris
9- Le Défenseur du Temps
(3ᵉ)

Horloge colorée et animée, œuvre de Jacques Monestier.
Quatre mètres de haut, une tonne de laiton suspendue au-dessus des allées et venues des passants, du bruit, du mouvement… « Le Défenseur du Temps » n’est pas une œuvre qui brille par sa discrétion ! Emblématique du Quartier de l’Horloge, puisqu’elle contribua à lui donner son nom, la création fut ainsi installée en septembre 1979 dans un ensemble alors inachevé, rue Bernard-de-Clairvaux.
Œuvre d’artisanat d’art, geste artistique d’une rare audace, l’horloge monumentale ne résista malheureusement pas au passage du temps. Elle y fonctionnera près de 24 ans avant sa mise à l’arrêt en 2003, qu’on crut longtemps définitif. À cause de ses dimensions comme de son concept exceptionnels, les exigences de son entretien comme sa trop coûteuse restauration ont longtemps empêché de lui redonner vie.
Car outre ses proportions inhabituelles, Le Défenseur du Temps n’est pas une œuvre figée dans le temps et l’espace. C’est un authentique automate, qui durant ses belles années ne dormait que la nuit, né de l’esprit de Jacques Monestier, aujourd’hui âgé de 83 ans. L’artiste (mais aussi plasticien, orfèvre, ingénieur…) se définit lui-même comme « sculpteur d’automates » : il fait revivre l’art ancien des automates en créant de véritables sculptures animées, utilisant toutefois les techniques les plus modernes.
Le Défenseur du Temps est ainsi une « horloge à automates ». À proximité du cadran, un homme juché sur un rocher muni d’un glaive et d’un bouclier se bat contre un oiseau, un dragon et un crabe, qui représentent respectivement le ciel, la terre et la mer.
Toutes les heures de 9 h à 22 h, il combat l’un des trois animaux choisis par un programmateur de hasard ; à 12 h, 18 h et 22 h, les trois animaux attaquent en même temps. Pendant que l’homme combat, il est accompagné par des sons de déferlement de vagues, de grondements de terre ou de souffle de vent selon l’animal choisi…
Anecdote : peu de Parisiens savent qu’elle est animée : certaines figures bougent au fil des heures, comme un théâtre mécanique à ciel ouvert.
Défenseur du Temps
19 rue Brantôme 75003 Paris
10-Les Colonnes de Buren
(Palais-Royal, 1ᵉʳ)

Installation contemporaine composée de colonnes rayées noires et blanches, par Daniel Buren.
C’est en 1986 que les colonnes de Buren ont été érigées dans la cour d’honneur du Palais Royal, un somptueux édifice construit pour Richelieu au 17e siècle, en face du musée du Louvre.
Cette dualité entre monde visible et invisible fait directement écho à la mythologie égyptienne antique. En effet, les deux plateaux symbolisent la balance de Maât, l’instrument sacré servant à la pesée des âmes dans le jugement des morts.
Anecdote : lors de son installation, l’œuvre fut surnommée “les sucres d’orge” par ses détracteurs, et suscita un énorme scandale politique et esthétique. Aujourd’hui, elles sont devenues un spot photo incontournable.
✨ Ces anecdotes montrent que derrière chaque monument insolite se cache une histoire parfois drôle, parfois tragique, souvent surprenante.
Partager la publication " Les 10 monuments les plus insolites de Paris"

